mardi 3 juillet 2012

essai de vidéo

Vous pouvez voir notre petit oiseau qui nous a accompagné pendant quelques heures avant notre arrivée à Lisbonne.
Passager clandestin
Merci de nous dire en commentaire si ça marche.


jeudi 28 juin 2012

Vers Sao Miguel

Mercredi 27 juin : nous quittons notre petit nid de Santa Maria pour Sao Miguel qui nous atteignons vers 20h après une navigation un peu chaotique qui a alterné moteur et voile. On a même dû prendre un ris sous un grain.

mardi 26 juin 2012

Santa Maria

Ce n’est pas que l’île de Santa Maria soit immense, mais ses 17 km de long sont parsemés de plusieurs sommets au-dessus de 200 m, et couronnés par le Pico Alto à 590 m. Autant dire que le vélo n’est pas adapté pour la visiter. La marche à pied ne nous convient pas non plus : il fait trop chaud, et trop humide pour nous et nous sommes encore sous le coup de la traversée. Reste une location de voiture ou de vélomoteur : nous sommes 3 et choisissons la voiture.
Dans le "désert rouge des Açores"
Nous découvrons ainsi samedi et dimanche un résumé de climatologie et d’hydrologie, de la mer à la montagne, du soleil au nuage en quelques kilomètres ! Une base sédimentaire et une activité volcanique créent des paysages variés. L’eau coule abondamment. 
La cascade de Maia
L’homme en a profité pour installer agriculture et élevage et plusieurs villages typiques. La vigne est, comme dans le Douro installée sur des coteaux escarpés. 
Les vignes en terrasses
Quelques plages avec du sable mi-clair et mi-sombre ; mais surtout 3 piscines « naturelles » : des bassins créés par des roches volcaniques protégeant un morceau de côte, et aménagés pour une baignade en toute sécurité, dans une eau renouvelée à chaque marée : super ! 3 jours, 3 bains !
Piscine "naturelle"
Le Pico Alto reste enturbanné dans ses nuages ; il paraît que la vue de là-haut est extraordinaire, mais pas en ce moment ! Mais l’île présente d’autres belvédères très intéressants.
Dans le port, l’activité est intense. Une nouvelle digue a été aménagée pour protéger une marina flambant neuve, mais elle reste proche de l’activité de pêche. Si le week-end est resté calme, dès dimanche soir les marins pêcheurs s’activent et lundi après-midi nous assistons au débarquement d’au moins 80 thons germons d’une grosse barque d’une quinzaine de long « armée » de canes à pêche genre bambou !!! Même barque, même opération mardi matin…
Les bateaux de plaisance sont peu nombreux : un Suisse qui a abîmé son bateau pendant la traversée des Canaries et attend des pièces, un Français qui s’est abîmé la jambe en arrivant et attend l’autorisation du médecin local pour la réutiliser, et bientôt deux bateaux allemands en provenance des Canaries. Plusieurs des équipages vivent à l’année sur leur bateau et se sont déjà rencontrés, sous d’autres cieux…
Le village est tout étiré autour de deux artères, en pente, évidemment au-dessus du port.
Bref, l’île est agréable et très peu touristique. Le seul défaut pour un plaisancier : sans mode de locomotion automobile, il est vite confiné au port.
La caldeira de San Lourancao
Lundi au petit matin, nous amenons Pierre à l’aéroport. Quelques courses, un bain et nous rendons la voiture. Maintenant le programme est tracé : repos et remise en état du bateau !

Traversée vers les Açores

Samedi 16 juin, nous allons au marché de Lisbonne pour nous approvisionner en produits frais pour la traversée. Un peu de viande et de légumes à cuisiner pour les moments calmes, et de quoi grignoter dans les moments plus agités, en essayant de conserver une alimentation quasi-équilibrée. Lisbonne est aussi doté d’un super magasin diététique avec tous les produits sans gluten. Enfin, nous avons trouvé un magasin qui s’est spécialisé dans les produits locaux : pain de maïs et jambon à découper sont appétissants.
Il est l’heure d’aller chercher Pierre à l’aéroport. Le « hic » c’est que nous avions prévu d’y aller en transport en commun, avec changement de bus en centre ville, mais aujourd’hui a lieu une grande manifestation contre les conditions économiques au Portugal… Avec des trains de banlieue et un taxi, nous nous débrouillons.
Nous donnons juste le temps à Pierre (arrivé de Cardiff un peu pâle) de poser le pied sur le bateau et levons l’ancre : les conditions météo sont favorables à une traversée, et la marée descend ce soir et serait contre nous sur le Tage si nous attendions demain matin. Tant pis pour le tourisme à Lisbonne… Et une heure d’amarinage au près sur une rivière : pas mal non, pour préparer la traversée ?
Nous passons donc la nuit à Oeiras, une petite marina très récente et confortable (mais chère) à l’entrée de la rivière. Pour fêter notre départ vers les Açores (ou pour fêter le saint patron de Lisbonne), nous avons même droit à un feu d’artifice en musique !
Il est 8h30 dimanche 17 juin : c’est parti !
Notre plus longue traversée jusqu’à présent a duré 2 jours et 3 nuits. Nous pensons couvrir les 750 nautiques qui nous séparent de Santa Maria en 5 jours ou 5 jours et demi. En fait, nous n’arriverons que samedi 23 juin à 8h45, soit 6 jours plus tard en ayant parcouru 874 nautiques. Des vents faibles et contraires nous ont obligé à louvoyer le premier et le dernier jour, et les vents et mer forts de la 3° nuit à composer avec la direction des vagues…
Ah ! Cette 3° nuit ! Le « grand » souvenir de la traversée : 22 à 25 nœuds bien établis et des rafales à 32 nœuds, dans une mer « grosse ». Rien de grave, mais dans une nuit noire, tout est plus impressionnant. Deux ris, la trinquette (abattue au plus fort de la perturbation), nous avions l’impression de filer à fond de train dans l’inconnu ; les seules sources de lumière venant de la réflexion d’une lumière diffuse sur la crête écumeuse de notre sillage. Une lame déferle sans prévenir (ni buter sur le franc bord) dans le cockpit : pas sympa pour les deux marins de quart, mais les 200 litres d’eau sont instantanément évacués grâce au cockpit ouvert. Au fait, qui avait « omis » de verrouiller le hublot arrière droit, celui qui donne sur la couchette des parents ??
Et, bien sûr, les sifflements, les grincements du gréement, les bruits divers auxquels on devient très sensibles. D’ailleurs, même par temps plus calme, nous avons tous les trois « entendu » des voix !
Au bilan, d’excellentes conditions de traversée, avec peu de calme plat (seulement 36 heures de moteur et souvent en combinaison voile et moteur), un soleil quasi omniprésent, des ciels pleins d’étoiles (mais sans lune), dont certaines filantes, des satellites… des vents majoritairement maniables et porteurs et une légère perturbation.
6 jours, cela reste long : nous avons le temps de réfléchir… 360° d’horizon uniforme (sauf le sens du vent et des vagues)… Nous comprenons très bien la théorie de nos grands aïeux d’une terre plate et ronde, avec le risque de tomber dans le néant lorsqu’on en atteint le bout…
Pierre à la cuisine
La nuit, ce sont les quarts de 3 heures qui nous occupent et la surveillance des autres bateaux sur la mer (en fait, une douzaine de cargos pendant les première 24 heures, puis une demi-douzaine en 5 jours, pas toujours signalés par une émission radio AIS), aucun voilier. Je dois d’ailleurs rapporter qu’après 2 jours d’un horizon constant et vide de signaux humains, un cargo peut apparaitre « beau » !
Pendant la journée nous observons de près les humeurs du vent et sommes plus exigeants quant à la vitesse du bateau (nous avons l’occasion de passer une journée sous spi et plusieurs fois de combiner voile et moteur ; le bateau atteindra quand même 11,2 nœuds), nous complétons nos nuits, accordons beaucoup d’importance à nos repas et autres petits plaisirs, regardons la mer. La rencontre avec les animaux est très importante. Des bancs de petits dauphins vont nous accompagner à 4 reprises : c’est à chaque fois la fête ! Des oiseaux que nous ne connaissons pas se montreront tout le long de notre trajet, rasant la mer et s’appuyant d’une aile sur la crête d’une vague pour virer : Internet nous apprendra à l’arrivée qu’il s’agit de puffins cendrés, relativement spécifiques. Durant la dernière journée nous observons de petits « flotteurs » d’une dizaine de centimètres de long à la surface de la mer, en forme de voile de jonques chinoises : des poissons volants ?? Grâce à une liaison satellite nous prenons une fois par jour les prévisions météo et donnons notre position à Patrick. Ce moment est choisi en fonction de l’état du skipper : Daniel doit en effet « gérer » son mal de mer, qui le tiendra bien 4 jours sur 6…
Il faut se protéger du soleil
Dernière aventure à l’approche de Santa Maria : du brouillard qui s’ajoute à la nuit. Avec le radar et l’équipage au complet sur le pont, tout se passe bien. Mais les côtes tardent à se montrer… En fait, nous comprendrons que le phénomène est normal : les 590 mètres d’altitude du Mont Pico Alto condensent la vapeur de l’atmosphère…
Belle arrivée…  L’équipage et le bateau sont en bon état. Tout est salé, les coussins, les vêtements. Les pantalons sont pratiquement raides de sel. La drisse de grand’ voile devra être amputée d’un bon mètre : elle est usée par le réa du premier ris. Nous avons perdu une pince multiprise utilisée pour manipuler l’hélice de l’hydro-générateur. Bref : tout c’est passé au mieux !
L'entrée du port de Santa Maria
Notre premier contact est avec la police maritime qui nous attend sur le ponton (très sympa…), puis avec le responsable de la marina, etc… C’est long quand on est en manque de sommeil et que l’on veut profiter de l’île avant de reprendre l’avion pour Londres !

samedi 23 juin 2012

Santa Maria

Nous venons de rallier Santa Maria depuis Lisbonne en 6 jours exactement et ça nous a semblé long malgré des conditions plutôt favorables et une petite dépression au milieu qui nous a levé une mer un poil croisée et difficile.
Sommes fatiguées mais heureux d'être sur cette île magifique que nous avons commencé à explorer...

dimanche 17 juin 2012

vers les Açores

Après avoir récupéré Pierre à l'aéroport de Lisbonne, nous partons aujourd'hui vers Santa Maria aux Açores.
A bientôt

vendredi 15 juin 2012

Lisbonne sous le soleil

Mercredi 13 juin, nous quittons Peniche avant 8 heures avec deux autres voiliers français. Le vent est inférieur à 20 nœuds (pas bon le site du responsable de la marina de Peniche), et portant. La houle est importante, mais la mer est ordonnée et il fait grand soleil. Nous décidons de ne pas monter la grand voile, qui dans ces conditions n’apporte pas grand-chose et impose le risque d’un empannage : la baume traverserait alors le bateau avec violence, emportant ce qui se trouverait sur son passage. Les conversations de pontons nous avons d’ailleurs signalé qu’un membre d’équipage d’un RM ou d’un Randonneur 1200 aurait été rapatrié la semaine précédente, blessé à la tête dans ces conditions ???
Et comme nous sommes bien vent arrière, nous utilisons les deux voiles d’avant, génois tangonné et trinquette en ciseaux [j’entends déjà certains me dire que les termes sont trop techniques : nous avons tourné un petit film avec l’IPaD et dès que nous saurons le mettre en ligne, nous vous montrerons]. Dans l’après-midi, lorsque le vent augmentera nous dépasserons ainsi les 7,5 nœuds ! C’est la première fois que nous adoptons cette configuration et, ma foi, elle nous plaît bien.
Vers 15h30 nous entrons dans la baie de Lisbonne, et le vent force (pointes à 29 nœuds) : sous trinquette seule, nous sommes à 6 ou 7 nœuds, et c’est très confortable. L’estuaire du Tage est immense. Il y a du spectacle sur les rives (urbanisées) et sur la mer. Nous laissons ainsi la priorité à un ferry de 330 mètres… Et nous apercevons le pont du 24 avril, orgueil de Salazar qui traverse le Tage en nous offrant un tirant d’air de 70 mètres, la Torre de Belem du XVI° siècle…
Le pont du 25 avril
Vers 19 heures, nous nous amarrons à la Doca de Alcantara, la marina la plus proche du centre ville de Lisbonne, heureux mais fatigués.
Le décor est « spécial » : à un en mile amont du pont en métal (quelque peu bruyant), dans un dock reconverti en marina (au moins partiellement : des grues chargent des porte-containers à 100 mètres), près d’entrepôts reconvertis (par exemple en boîte de nuit, qui boum-boume jusqu’à pas d’heure le matin), entre le fleuve et les voies de train, de tram, de bus… Mais, en centre ville et tout près des transports : alors, on s’y fait ! « On » est même content ! Et puis on retrouve des équipages connus, on bavarde… Un couple de navigateurs portugais qui nous avaient hurlé les résultats du match de foot Portugal – Allemagne en cours de jeu alors que nous les dépassions sur la rivière s’amarre juste à côté de nous et nous propose bière et vin locaux en nous prodiguant des conseils pour la visite de la ville.
Il nous reste 3 jours pour visiter la ville, accueillir Pierre et préparer le bateau, car si les prévisions météo se confirment, nous pourrons partir dès dimanche.
Pas de photo de Lisbonne : nous ne serons pas à la hauteur de ce que vous trouverez sur le net (et l’appareil est lourd). Mais ce que nous avons vu jeudi et vendredi nous a enchanté, et avant tout le monastère de Jeronimo. Nous ne vous en dirons pas plus, seulement que du 8° siècle avant JC à aujourd’hui, des Phéniciens aux Français de Napoléon, des tremblements de Terre au fado… il y a à faire !